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La rencontre de trois nouvelles
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Les originesEn mai 2003, au Biplan (Lille), ont eu lieu les premières Lectures Colorées autour d'une nouvelle de Bertrand Foly. |
Les Lectures Colorées sont une occasion régulière de rendez-vous entre la littérature et un (ou plusieurs) autres arts (peinture, vidéo, photo, danse, musique, chant,...) à plusieurs voix et sur plusieurs voies.
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Deux autres nouvelles se sont jointes aux Deux vols de Lenclume (qui donne son titre à l'ensemble),
ce sont Couloir à grande circulation et Short short's story. |
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Victorien Lenclume s'attache un temps aux bégonias, puis déteste les fleurs. Il préfère se laisser glisser dans les airs et butiner les cheminées. Victorien Lenclume est l'homme le plus célèbre du monde, enfin il aurait pu. Mais le monde regarde ailleurs, sans même rêvasser. Le monde regarde le monde et ne voit pas Victorien.
Les deux vols de Lenclume c'est la naissance, l'enfance, la gloire possible et la mort d'un homme ordinaire qui possède le don de voler. Mais où est la réalité ? Personne n'a vu Victorien voler. Alors s'il n'y a pas de témoin, y a t il eu événement ? |
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Extraits :
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Un instant plus tôt sur l'appui de fenêtre, quand il eut vérifié l'authenticité des plantes, Victorien Lenclume, devenu plus savant mais guère plus équilibriste, tente la manoeuvre du retour. La marche arrière, à quatre pattes sur une corniche, est délicate. Il recule sa jambe droite, la plus extérieure, la plus voisine du vide. Cherche un appui. Croit le trouver. Le croit seulement. La Terre, aguicheuse, use de tout son pouvoir attractif. Il chute. Il prend peur et s'agrippe à ce qui veut bien se laisser agripper. Charmés d'être ainsi conviés, les bégonias croient bon d'accompagner Victorien plutôt que de le retenir. Ils chutent. Ne se sentant plus le goût au jardinage l'enfant laisse tomber l'objet de son étude. Comme le chiot qu'on jette à l'eau d'instinct sait nager, lui sait en étendant les bras, voler. Planer serait plus exact. Il ne joue pas à agiter les membres pour aller voir les nuages par dessous. Il se laisse guider par les airs. Comme un qui fait la planche au long d'une rivière, sauf que lui voit la Terre d'en haut au lieu de voir le ciel d'en bas. (...) |
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Pour manger, au petit déjeuner, de grosses tranches de pain blanc, beurrées demi-sel et trempées dans le café au lait, il faut d'abord faire chauffer le lait. Parfois il se sauve, mettant à profit les rêveries du dîneur. Ce sont là les seuls débordements de Monsieur Victorien Lenclume. Pas de sucre. Pas de confiture. Personne en vis-à-vis - il y a longtemps que Ma'ise, sa mère, ne quitte plus sa chambre avant l'heure de "Tournez Manège" - juste les casseroles rouges, vertes et jaunes imprimées sur le papier peint. Pas de tapisserie à fleurs. Pas de fleurs. (...) » |
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Diaporama Lenclume :
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Un homme sans problèmes entre dans un magasin pour s'acheter un short. Comment en sortira-t-il ? Sera-t-il encore admis dans la société ? Une fable sur la chute rapide qui peut surprendre chacun. |
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Extraits :
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Ce matin, j'ai fait une grande découverte sur les gens de la cité : ils ne voient pas ceux qui sont tombés, ceux qui vivent sur le sol. Leurs regards portent trop loin à l'intérieur d'eux-mêmes. Si les déchus savent garder les épaules voûtées et la tête basse, ils peuvent se lever un peu et être aperçus, ils peuvent sans « merci ! » obtenir la grâce d'une pièce ou deux. Mais s'ils se redressent totalement, s'ils lèvent la tête, leur image s'approche de celle qu'un destin fort probable réserve aux debouts. Ils nuisent. La police chasse les ombres trop droites. |
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Un lézard traverse un couloir et entraîne l'observateur aux frontières de la raison, au-delà des limites du possible. Juste au-delà. |
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Extraits :
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Je restai là un moment, pour réfléchir. C'est comme ça que je réfléchis le mieux. Appuyé sur du solide. Puis, vous savez ce que c'est, on réfléchit, on réfléchit, et à force de rien trouver, on devient distrait. C'est comme ça que je l'ai vue. Tout en haut dans le coin. Une lézarde. «Le Lézard» traverse le couloir. |
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