Depuis 1999, le travail photographique d'Olivier Touron sur la communauté kurde tente de comprendre, « là-bas » et « ici », ce que signifie « être Kurde ».
Son enquête a commencé en 1999 à Paris auprès de la communauté kurde de Turquie. Leur leader Abdulah Oçalan venait d'être arrêté et condamné à mort par Ankara. Il est parti rencontrer les guerrières du PKK combattant l'armée turque, qui se cachaient au nord de l'Irak. Il découvre alors la communauté kurde d'Irak, victime d'un double embargo : celui de l'ONU imposé à l'Irak après la première guerre du golfe, et celui de Saddam Hussein imposé aux kurdes après leur tentative de soulèvement de mars 1991. En 2002 et 2003, il traverse l'Iran et s'aperçoit que la communauté kurde iranienne a également de fortes particularités. «J'ai compris alors l'impossibilité de rédiger en deux lignes «être kurde». J'ai découvert «qu'être kurde», c'était surtout «se dire kurde». J'ai découvert aussi que les kurdes étaient souvent déplacés, sans-papiers, dans leur propre pays. Je les ai aussi vus à Sangatte, qui tentaient de se rendre en Angleterre, encore sans-papiers, toujours déplacés. J'ai commencé à vouloir faire le chemin en sens inverse. Mon itinéraire kurde.»
À travers 25 portraits carrés et une mosaïque photographiques, le travail d'Olivier Touron rapporte le témoignage du parcours, les difficultés rencontrées et pose le problème politique de l'immigration et de l'accueil des étrangers.
Du 20 mars au 30 avril à l'Espace Culture / Université des Sciences et Technologies de Lille / En collaboration avec La Pluie d'Oiseaux / Vernissage : Jeudi 20 mars à 18h30 (jour du Newroz : nouvel an kurde)